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J'étais jeune, je croyais vivre en captivité, j'avais besoin de m'échapper, alors je concentrais toutes les forces de mon imagination vers un pays merveilleux : l'Inde. Enfant, j'avais fait sa découverte dans le diptyque filmé de Fritz Lang : « Le Tigre du Bengale » et « Le tombeau hindou ». Les images flamboyantes de ces contes exotiques firent résonner en moi quelque chose de profond, de déjà vécu ?
Il existe un moment dans l'enfance où les décisions sont prises pour la vie. Pas un instant je n’ai douté qu'un jour je connaîtrais ces foules, ces paysages, ces monuments, et que je leur consacrerais une part essentielle de mon existence, en dépit des impossibilités et des défenses.
Je veux citer Moravia dont le voyage avec Pasolini et Elsa Morante, est devenu quasi légendaire. « L'Inde n'est pas un « beau » pays comme l'Italie, où « typique » comme le Japon ». L'Inde, ajoute-t-il, est un continent dont l’intérêt majeur réside dans le facteur humain.
Aujourd'hui encore pour connaître ses populations, il est nécessaire de parcourir la plaine indienne, cette savane mélancolique, funèbre, infusée de brumes de chaleur sous un soleil étiole, silencieuse, informe, irréelle, et pénétrer les quartiers moyenâgeux des villes, chaotiques et grouillants, pleins de palais et de monuments religieux dignes de Babylone.
